Fragile à l’origine

J’ai grandi dans un environnement modeste dans lequel les valeurs humaines et le savoir étaient notre seule fortune. Mon grand père, était passionné de littérature et grand connaisseur d’histoire ; ma grand-mère, de son côté, une conteuse exceptionnelle connaissant par coeur les histoires de la tradition orale latino-américaine. Ce sont eux qui m’ont appris la première grande leçon de vie: les histoires ont la force de réconcilier l’individu et l’univers l’espace d’un instant. C’est ainsi que j’ai grandi entouré par l’odeur des livres anciens et des légendes racontées au pied du rocking-chair en osier de ma grand-mère. Étant enfant j’adorais inventer des histoires et construire des objets absurdes qui ne servait à rien d’autre qu’à illustrer un personnage ou un lieu d’une de mes histoires farfelues. A cette époque, l’univers lié au conte, aux livres et aux mondes imaginaires étaient pour moi synonymes de joie et de diversion. 

Mais le temps a fait son travail et a emmené avec lui la complexité de la condition humaine. Une après-midi à la sortie du collège, j’aperçu un halo de fumée qui venait du parc voisin à notre école. Curieux de savoir ce qu’il se passait nous sommes allés voir avec mes amis. Une fois arrivés au parc nous nous sommes retrouvés face à une pile de livres en train de brûler. Curieux de voir pourquoi autant de livres se faisaient brûler, nous en avons récupéré quelques-uns qui échappaient aux flammes et nous sommes partis en courant. De retour chez mes grands-parents j’avais beaucoup de questions. Pourquoi quelqu’un voudrait brûler des livres d’histoire ? Pourquoi ne pas prendre soin de livres du début du XXème siècle si difficiles à trouver dans les  librairies ? Qui pouvait oser faire cela ? Je me rappelle d’avoir vu mon grand-père plus serein que jamais en disant cette phrase : c’est le vainqueur qui écrit l’histoire et parfois pour s’assurer qu’elle soit bien écrite, il efface ce qui pose problème dans sa version des faits. Personne ne se bat pour quelque chose dont il n’a pas entendu parler auparavant. A cet instant, même si je n’avais pas compris ce que mon grand père me disait, dans mon esprit une idée a commencé à germer. Je ferais en sorte de créer de nouvelles histoires pour soigner les blessures que l’ignorance avait infligé à l’histoire et à la culture cubaine. 

J’ai grandi dans un environnement modeste dans lequel les valeurs humaines et le savoir étaient notre seule fortune. Mon grand père, était passionné de littérature et grand connaisseur d’histoire ; ma grand-mère, de son côté, une conteuse exceptionnelle connaissant par coeur les histoires de la tradition orale latino-américaine. Ce sont eux qui m’ont appris la première grande leçon de vie: les histoires ont la force de réconcilier l’individu et l’univers l’espace d’un instant. C’est ainsi que j’ai grandi entouré par l’odeur des livres anciens et des légendes racontées au pied du rocking-chair en osier de ma grand-mère. Étant enfant j’adorais inventer des histoires et construire des objets absurdes qui ne servait à rien d’autre qu’à illustrer un personnage ou un lieu d’une de mes histoires farfelues. A cette époque, l’univers lié au conte, aux livres et aux mondes imaginaires étaient pour moi synonymes de joie et de diversion. 

Mais le temps a fait son travail et a emmené avec lui la complexité de la condition humaine. Une après-midi à la sortie du collège, j’aperçu un halo de fumée qui venait du parc voisin à notre école. Curieux de savoir ce qu’il se passait nous sommes allés voir avec mes amis. Une fois arrivés au parc nous nous sommes retrouvés face à une pile de livres en train de brûler. Curieux de voir pourquoi autant de livres se faisaient brûler, nous en avons récupéré quelques-uns qui échappaient aux flammes et nous sommes partis en courant. De retour chez mes grands-parents j’avais beaucoup de questions. Pourquoi quelqu’un voudrait brûler des livres d’histoire ? Pourquoi ne pas prendre soin de livres du début du XXème siècle si difficiles à trouver dans les  librairies ? Qui pouvait oser faire cela ? Je me rappelle d’avoir vu mon grand-père plus serein que jamais en disant cette phrase : c’est le vainqueur qui écrit l’histoire et parfois pour s’assurer qu’elle soit bien écrite, il efface ce qui pose problème dans sa version des faits. Personne ne se bat pour quelque chose dont il n’a pas entendu parler auparavant. A cet instant, même si je n’avais pas compris ce que mon grand père me disait, dans mon esprit une idée a commencé à germer. Je ferais en sorte de créer de nouvelles histoires pour soigner les blessures que l’ignorance avait infligé à l’histoire et à la culture cubaine.