Hello world!

"Les peuples qui nient leur essence marchent en direction du suicide" ...Proverbe cubain...

Je me rappelle vaguement. Le souvenir est fragile, mais quelques images ont échappé à l’oubli. La rue était séduisante. Humide, par les percussions qui se réveillaient entre les doigts ridés du Grand-père Yayao, tout revenait au rythme habituel après la pluie. C’était l’un de ces rares moments où mon père et moi étions ensemble, en dehors de réunions familiales. Nous avions pris un chemin de retour à la maison différent de celui d’habitude. On s’était arrêté devant le groupe de personnes qui entourait Grand-père Yayao, pour écouter les “repentistes” qui improvisaient dans la rue. J’étais jeune et hautaine à mes 17 ans. Comme la plupart des décisions que je prenais à l’époque, sur un coup de tête, j’avais déterminé que les improvisations de rue ne m’intéressaient pas. 

"Les peuples qui nient leur essence marchent en direction du suicide" ...Proverbe cubain...

Je me rappelle vaguement. Le souvenir est fragile, mais quelques images ont échappé à l’oubli. La rue était séduisante. Humide, par les percussions qui se réveillaient entre les doigts ridés du Grand-père Yayao, tout revenait au rythme habituel après la pluie. C’était l’un de ces rares moments où mon père et moi étions ensemble, en dehors de réunions familiales. Nous avions pris un chemin de retour à la maison différent de celui d’habitude. On s’était arrêté devant le groupe de personnes qui entourait Grand-père Yayao, pour écouter les “repentistes” qui improvisaient dans la rue. J’étais jeune et hautaine à mes 17 ans. Comme la plupart des décisions que je prenais à l’époque, sur un coup de tête, j’avais déterminé que les improvisations de rue ne m’intéressaient pas. 

Je lisais de la poésie, “un genre beaucoup plus raffiné et digne de mon attention”. Mais mon père adorait la « décima cubana », et que je le veuille ou non, il m’emmenait à toutes les improvisations de rue qu’il pouvait, pour m’introduire au “meilleur de notre oralité populaire”. On était resté jusqu’à la fin de “la controversia”. Malgré mes grognements d’ado mécontente, ce jour-là, je rentrais à la maison avec les rythmes des vers entendues dans la tête. Je me rappelle d’avoir écrit ma première histoire cette nuit-là. Une histoire qui parlait du grand père Yayayo, de son tambour mal fichu, et bien sûr d’une admiration pour ces poètes de rue, que j’attendrais des années avant de l’avouer à mon père.

Je lisais de la poésie, “un genre beaucoup plus raffiné et digne de mon attention”. Mais mon père adorait la « décima cubana », et que je le veuille ou non, il m’emmenait à toutes les improvisations de rue qu’il pouvait, pour m’introduire au “meilleur de notre oralité populaire”. On était resté jusqu’à la fin de “la controversia”. Malgré mes grognements d’ado mécontente, ce jour-là, je rentrais à la maison avec les rythmes des vers entendues dans la tête. Je me rappelle d’avoir écrit ma première histoire cette nuit-là. Une histoire qui parlait du grand père Yayayo, de son tambour mal fichu, et bien sûr d’une admiration pour ces poètes de rue, que j’attendrais des années avant de l’avouer à mon père.

Une réflexion au sujet de « Hello world! »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *